mercredi 16 novembre 2016

La valeur des Beatles

Parution de mon livre La valeur des Beatles dont voici la 4e de couverture :
"Peut-on encore prendre le risque de déterminer la qualité, l’originalité et la valeur politique des chansons du groupe le plus applaudi de l’histoire du rock ? Tel est le projet de cet ouvrage qui esquisse une évaluation de l’œuvre des Beatles, suivie d'une analyse sociologique de la formation et de la carrière des membres du groupe. Cette analyse met en lumière le lien entre la valeur de leur production musicale et ses conditions de production. Sont ainsi examinés l’apprentissage des deux compositeurs principaux du groupe (Lennon et McCartney), le parcours du combattant pour se faire connaître, leurs conditions de vie et de travail, les contributions artistiques de leur producteur George Martin et de leurs compagnes, Yoko Ono notamment. Il s’agit finalement de répondre aux questions suivantes : la musique populaire, dans sa forme la plus réussie, et la musique savante peuvent-elles être d’égale valeur ? L’œuvre des Beatles a-t-elle marqué l’histoire de la musique occidentale ? Peut-on dire comme le compositeur et chef d’orchestre Leonard Bernstein : « Les Beatles sont les Schubert de notre temps » ?"

Une belle critique par Bernard Gensane : https://blogs.mediapart.fr/bernard-gensane/blog/161116/laurent-denave-la-valeur-des-beatles-rennes-pur-2016
Je remercie M. Gensane pour ses informations complémentaires mais également pour m'avoir signalé une petite erreur : le père de George Harrison est bien contrôleur de bus (et non chauffeur comme je l'ai écrit !).



samedi 28 février 2015

Brève histoire de la chanson protestataire aux États-Unis



La production de musique contestataire au sein des classes populaires est très courante. Les grèves et les manifestations par exemple sont systématiquement accompagnées de chants. Alors que la chanson protestataire populaire est le fait de musiciens amateurs, appartenant souvent à la classe ouvrière et ne tirant nullement profit de leurs chansons, la chanson protestataire pop (protest song) est produite au contraire par des musiciens professionnels, rarement issus des classes populaires. La professionnalisation de la chanson protestataire commence véritablement dans les années 1940-1950, même s’il y a eu quelques précédents comme la Famille Hutchinson au XIXe siècle et Woody Guthrie dans les années 1930-1940. Avant d’évoquer ces professionnels de la chanson protestataire, nous allons retracer l’histoire de la pratique populaire de l’écriture de chansons politiques.

mercredi 17 décembre 2014

Minimalisme & néolibéralisme




La musique répétitive : la traduction du néo-libéralisme dans le monde musical ?[1]


Résumé :
S’appuyant sur l’exemple de la musique dite « répétitive » ou « minimaliste », cet article vise à montrer les effets produits par l’intrusion de la logique commerciale dans le monde musical américain depuis la fin des années 1960. Cette révolution conservatrice dans la création musicale est indissociablement esthétique et socio-économique. En effet, on peut établir un lien entre cette production néo-conservatrice, dont les éléments les plus caractéristiques sont traditionnels, et ses conditions de production, caractérisées par la dépendance à l’égard du « marché » de la musique. Pourtant, par un effet d’allodoxia, la musique répétitive a été très vite considérée comme une production d’avant-garde et consacrée dans le monde musical (aux États-Unis comme en Europe). Finalement, la révolution conservatrice dans le monde musical est à rapprocher du néo-libéralisme dans le champ politique. La thèse soutenue dans cet article est que la musique répétitive est la traduction, dans le monde musical, de la logique commerciale également présente au cœur du néo-libéralisme.


Gamelan & conservatisme



L’internationalisation de la pratique du gamelan & la révolution conservatrice
à la lumière du cas américain



Résumé :
Comment expliquer l’intérêt soudain pour le gamelan hors d’Indonésie depuis les années 1970 ? Cette pratique musicale s’est tout d’abord diffusée aux États-Unis avant de séduire d’autres pays qui semblent avoir suivi l’exemple américain. La multiplication des ensembles de gamelan s’explique aux États-Unis par la naissance d’un intérêt nouveau pour la « diversité » des cultures du monde (celles de l’Amérique mais aussi celles des autres régions du monde). L’éducation musicale dite « multiculturelle » adoptée depuis une vingtaine d’années offre au public américain un vaste choix d’activités musicales du monde – le gamelan n’étant qu’une pratique parmi d’autres. Cette nouvelle pédagogie est une traduction dans le champ de l’éducation musicale de la révolution conservatrice qui est au principe de toutes les politiques des gouvernements de droite comme de gauche depuis 1973 et qui a pour principal effet l’accentuation profonde des inégalités sociales dans ce pays. Révolution conservatrice qui se propage un peu partout dans le monde depuis une vingtaine d’années.